Newsletter n°8
  4750 km

«  En file indienne... »

Inde (Part II) - Maharashtra - Goa - Karnataka - Kerala - Tamil Nadu

Leçon de conduite en Inde.

On nous avait prévenu : conduire en Inde, ou plutôt faire du vélo en Inde, n’est pas de tout repos. Pourtant, nos premiers kilomètres dans l’état du Maharashtra, au sud de Bombay, furent des plus agréables : petite route, plat, peu de trafic, traversée de villages accueillants...Cela ressemblait plus à une petite ballade du dimanche qu’à une étape en vélo du tour du monde Roulez Jeunesse...Mais voila, divers éléments sont venus ternir ce tableau idyllique. Tout d’abord la chaleur. En Inde, il fait chaud. Dans le sud de l’Inde, il fait encore plus chaud...et en vélo, un peu de fraîcheur est souvent la bienvenue ! Ensuite, les Indiens. Ils ont beau être très gentils, nous demander comment on va, d’où on vient, notre nom et où on va...mais tout ça, tous les 200m, ça en devient usant ! Un bon cycliste aime la tranquillité...
Passons sur les (petites?) collines traversées avant Goa, la fatigue accumulée depuis le début du voyage, et les divers petits pépins mécaniques rencontrés (un conseil : prenez des rayons de rechange si vous envisagez un tour du monde a vélo !, et venons en au plus éprouvant ici : la circulation ! Une fois quitté notre paisible route de campagne, nous avons découvert avec effroi la vraie nature des routes indiennes ! Et nous avons fait connaissance avec de drôles d’espèces...
Les 2 plus redoutées en vélo sont le bus et le Tata. Le premier, sorte de grande boite de conserve rouillée sur roues, est imprévisible. On l’entend de très très loin (le klaxon semble être le deuxième sport national ici après le cricket, et nos pauvres oreilles ont pris chers ici...), on le voit de très très près (souvent en contre sens en face de nous après un virage), et son signe particulier est de faire une belle queue de poisson juste devant nos vélos pour embarquer quelques passagers supplémentaires dans sa carcasse déjà surpeuplée. Très dangereux.
Le tata fait aussi très peur : proche des Scania ou des Volvo croisés sur nos autoroutes françaises, il se distingue de ses cousins occidentaux par un klaxon étourdissant (à 3 voire 4 tons, la coucaracha fait office de berceuse à côté de ça...), des décorations colorées éblouissantes et par un mauvais état généralisé. On se demande d’ailleurs encore comment de telles épaves peuvent rouler, mais vu l’état des routes ultra-défoncées sur lesquelles ils se traînent, on pourrait néanmoins leur décerner un award...Néanmoins, on n’est jamais serein lorsqu’on en voit un surgir devant nous !

Les autres véhicules de la jungle indienne, bien que moins impressionnants, peuvent aussi être nuisibles envers les 3 pauvres cyclistes que nous sommes. Du rickshaw qui nous double péniblement, à la moto qui transporte toute la famille et qui s’arrête à notre hauteur pour tailler une bavette, en passant par les rares cyclistes qui nous essoufflent à force de vouloir faire la course, et sans oublier nos slaloms entre les vaches, singes et chiens, la route indienne nous a réservé bien des surprises...Mais en tout cas, s’il y en a d’autres qui ont été surpris, ce sont bien les Indiens : 3 blancs au guidon de Ferrari à 2 roues ne passent pas inaperçus !

En lisant ces quelques lignes, le tableau de l’Inde peut paraître un peu caricatural. Cependant, excepté ces quelques zèles de conduite, le Sud du pays est riche en images. Goa, cet ex-état portugais, fut l’alternative de Katmandou pour nos chers hippies. Aujourd’hui, ce micro-état est tout sauf l’Inde. C’est l’usine à touristes (indiens et occidentaux), des plages de sables fins à perte de vu, des cocotiers, des djembés autour du feu sur la plage, sans oublier la goa trance attitude...Mais c’est aussi des petites églises blanches et des maisons colorées au bord des routes qui rappellent étonnamment l’ambiance méditerranéenne...Les états du Kerala et du Kernataka , même si la chaleur y est pesante, laissent des espaces à une végétation dense et variée : plantations de thé, champs de fleurs (pour les offrandes), jungle épaisse, bambous géants, forêts noires, parcs naturels,...Nos impressions concernant la population peuvent paraître loufoques. Les hommes sont nombreux et semblent ne pas faire grand-chose. A 10 autour d’un vélo, l’un tient le vélo tandis que les 9 autres tournent la roue... Les femmes ne chôment pas et sont soumises aux taches les plus éprouvantes : elle lavent les vêtements dans des rivières aux couleurs douteuses, cassent des cailloux pour faire les routes, transportent l’eau, cueillent les feuilles de thé...Bref, elles font tout sauf conduire les moyens de locomotion. Les enfants, en grand nombre, nous offrent un spectacle festif, plein de rires et de sourires, à la sortie des écoles. D’autres, moins chanceux, sont déjà malheureusement au travail dès leur plus jeune âge...

Nous quittons ce pays fascinant tout de même envoûtés par tant de contrastes et de richesses. Et nous vous laissons méditer sur ce merveilleux proverbe indien qui caractérise si bien notre séjour en Inde : « There are always a thousand suns beyond the clouds »


Grégoire, Jean Baptiste et Matthieu
A suivre : la Thailande


 

Le 26/01/2008


Manu

Rencontre avec Manu, créateur de Goa Jungle Park Adventure a Goa : cliquez Ici

 

Petit zoom sur notre partenariat avec une classe de CM2 du collège de Marcq (59) ! Nous essayons de leur faire découvrir le monde par notre voyage et de répondre au mieux à leurs questions !


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